Portrait de Philippe Jetté

Âge : 41 ans
Pronom : Il/lui
Occupation (Activité principale) : Artiste / Médiateur du patrimoine vivant
Municipalité : Saint-Jacques
Photo: Guillaume Morin
Biographie :
Câlleur, musicien, chanteur et médiateur du patrimoine vivant, Philippe Jetté construit sa démarche à partir de rencontres marquantes avec des porteurs de traditions de Lanaudière et d’ailleurs. Il puise son répertoire auprès des anciens et d’enregistrements d’archives, dans une pratique vivante de collecte, d’appropriation et de transmission des savoirs.
Profondément enraciné dans la Nouvelle-Acadie, il s’implique activement dans son milieu pour le développement du patrimoine vivant et le rayonnement du fait acadien.
Sa collection personnelle regroupe plus de 3 000 éléments issus de la tradition orale – chansons, airs de musique, contes, danses, légendes et savoir-faire – constituant un répertoire qu’il met en mouvement et partage entre les générations.
Artiste à l’école, il a réalisé plus de 700 ateliers auprès des jeunes, créant des espaces de rencontre concrets entre la culture et la relève. Il transmet également sa pratique de l’accordéon diatonique en milieu collégial et en enseignement privé, poursuivant ainsi son engagement auprès de la relève à différents niveaux.
Il est également membre fondateur du trio Garçons à marier, avec lequel il fait vivre la musique traditionnelle québécoise, ainsi que des formations comme Belzébuth et Duo Jetté-Simard.
Diriez-vous que la culture peut avoir un impact sur le bien-être et la santé ? Si oui, lequel ?
Oui, la culture a un impact direct sur la santé mentale, physique et sociale.
Elle stimule le cerveau, soutient la mémoire et nourrit la créativité; elle contribue à diminuer le stress, à réguler les émotions et à renforcer la confiance en soi. Sur le plan physique, des pratiques comme la danse traditionnelle améliorent la santé cardiovasculaire, le système immunitaire, la coordination, l’équilibre et la santé musculaire.
Mais surtout, la culture crée du lien. Elle favorise les relations humaines, brise l’isolement et renforce le sentiment d’appartenance à une communauté.
Le patrimoine vivant, au cœur de mon travail, est un puissant vecteur de santé globale.
Une culture vivante, c’est une communauté en santé.
Quel élément de la vie culturelle de votre région fait votre fierté ?
La musique et la chanson traditionnelles sont bien présentes dans la sphère publique, autant dans les événements que dans les médias (radio, journaux, télévision communautaire). Elles vivent aussi dans la sphère privée, dans les familles et les rencontres entre amis.
La relève est également au rendez-vous. Un bel exemple est la veillée de chanson traditionnelle au CRAPO de Lanaudière, qui rassemble près de 250 personnes, dont de nombreux jeunes.
Quel est votre premier souvenir des Journées de la culture ?
Avec le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière, nous avions organisé, en 2008, une activité sous chapiteau autour de la trappe. On y retrouvait une conférence de Denis Beaudry, la projection d’un film sur un trappeur cômien surnommé Bottine, ainsi que de la musique traditionnelle avec les accordéonistes Jacques Larochelle et Roland Aumont.
À la suite de cette activité, un jeune s’était trouvé un maître pour apprendre les savoir-faire du trappeur, et de mon côté, j’ai pu développer des liens avec des porteurs de tradition de ma région. Ce moment m’a marqué par sa force de transmission et par les liens durables qu’il a permis de tisser.
Quelle importance cet événement revêt-il selon vous ?
Les Journées de la culture permettent de démocratiser l’accès à la culture et de la rapprocher des citoyens. Elles offrent des expériences concrètes et immersives, où l’on peut vivre, pratiquer et partager la culture, plutôt que de simplement la consommer.
Elles invitent aussi à sortir de sa zone de confort : essayer, oser, parfois être déstabilisé… et découvrir autrement. C’est souvent dans ces moments-là que naissent des prises de conscience : on voit la culture autrement, on se met, ne serait-ce qu’un instant, dans la peau d’un artiste, et on comprend mieux la démarche artistique ou culturelle d’un créateur ou d’un intervenant.
Pourquoi avez-vous accepté d’endosser le rôle de porte-parole ? Qu’en attendez-vous ?
Je suis fier de vivre dans une région dynamique qui possède un fort potentiel de développement culturel. Je souhaite contribuer, à ma façon, à souffler sur la braise pour que le feu culturel prenne dans Lanaudière.
Citoyens, organismes et municipalités : mobilisons-nous pour faire vivre la culture d’ici et soutenir les artistes et artisans lanaudois.
Si vous avez déjà agi comme porte-parole des Journées, qu’est-ce qui a été le plus impressionnant ou marquant dans ce rôle ?
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la fierté des organisateurs. Quand je me présentais, ils étaient heureux de voir un porte-parole venir constater les efforts déployés pour faire rayonner la culture d’ici.
J’aime aller à la rencontre des gens et les voir en action, en train de vivre pleinement une expérience culturelle. On sent un réel engagement sur le terrain : ça bouge, ça crée, ça rassemble.
Le dynamisme du milieu et la diversité des projets témoignent d’une culture portée par des gens passionnés.
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