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Capitale-Nationale

Portrait de Dominique Sacy

Âge : 29 ans

Occupation : Auteur-interprète (littérature vivante)

Municipalité : Québec

MRC : Hors MRC

Photo: Marie-Raphaëlle LeBlond


En une phrase, décrivez ce que la culture représente pour vous.

« La culture, c’est ce qui fait qu’il y a un peu de nous en l’autre et de l’autre en nous. »

Comment contribuez-vous au milieu culturel de votre région?

Je pense être davantage centré sur le bien-être des autres que sur les tâches à accomplir. Dans les projets artistiques que je mène, j’essaie que tout le monde se sente accueilli, peu importe leur état du moment. J’ai appris en travaillant avec Natalie Fontalvo l’importance de prendre le pouls émotionnel des gens avant de commencer une pratique.  

Je le fais principalement pour le bien-être des artistes, mais ça contribue aussi à tisser des liens à l’intérieur du groupe et ainsi améliorer la qualité de l’œuvre. Pour avoir accès à la matière sensible nécessaire à un certain type de création, il faut selon moi se savoir entouré de personnes bienveillantes.  

Aussi, je cherche à métisser les communautés artistiques de Québec à travers Spoken word Québec. J’adore que les communautés artistiques soient trop petites dans ma ville pour qu’on puisse s’ignorer et rester confortables dans notre discipline. Plus on va se rencontrer, plus la culture artistique de Québec sera singulière. 

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier du milieu culturel de votre région?

Il y a une effervescence indéniable présentement à Québec. Quand j’avais 20 ans, je voyais plusieurs de mes amis artistes partir pour aller à Montréal. Aujourd’hui, c’est l’inverse ; les gens reviennent s’installer à Québec. La mesure Première Ovation* a vraiment donné un élan au milieu culturel (merci Régis !).  

On sent le bouillonnement à travers des lieux hors-normes comme Le Pantoum (musique) et La charpente des fauves (théâtre et multi).  

On sent qu’on va dans la bonne direction quand des gens comme Olivier Arteau, Samuel Corbeil et Gabrielle Ferron sont nommés à la direction des théâtres de Québec.  

On sent qu’on a fait des pas de géants quand le festival La Noce à Chicoutimi programme tous les soirs une femme de Québec dans ses trois têtes d’affiche (Sarahmée, Daphné Brissette, la leadeuse de Bon enfant, et Lou-Adriane Cassidy). Les filles de Québec cassent toute ! 

*Programme d’aide implanté en 2008 par la Ville de Québec (N.D.L.R.) 

Quel projet culturel régional vous a fait vibrer en 2022? Pourquoi?

J’ai vu Hubert Lenoir en formule piano-jazz au Pantoum. C’était d’une rare beauté. Une centaine de personnes étaient assises dans ce local mythique et intimiste ; Hubert créait comme s’il était dans sa chambre en improvisant et en se laissant aller. C’était loin du chaos organisé que sont ses spectacles habituels. On sentait qu’il faisait confiance au public.  

Le voir en spectacle dans ce lieu où il a composé, écrit et enregistré son premier album mettait en lumière la communauté qui lui a permis de se rendre là où il est aujourd’hui.  

En voyant Hubert, je voyais le Pantoum (et les humains-piliers qui s’y dévouent), les spectacles d’Anatole, de Gab Paquet, des Martyrs de marde (maintenant appelés Saints Martyrs) qu’il a aussi vus, je voyais la camaraderie avec Lou-Adriane et Jérôme 50, le technicien ou la technicienne de son qui a tout patenté, les institutions qui l’ont financé, l’amour et le respect de ses fans. Tout ça constitue Hubert Lenoir. La frontière entre les gens que nous sommes est plus poreuse que les représentations qu’on s’en fait, à mon avis. C’est là tout le pouvoir de la culture. 


Facebook : @DominiqueSacy

Instagram : @dominique.sacy


Découvrez en septembre ses activités coups de cœur des Journées de la culture 2022.