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Saguenay–Lac-Saint-Jean / Nitassinan

Portrait de Mike Paul Kuekuatsheu

Âge : 46 ans

Pronom : Il/lui

Occupation (Activité principale) : Auteur-compositeur-interprète, artiste multidisciplinaire et producteur de musique

Municipalité : Mashteuiatsh

Photo: Julie Simard


Biographie :

Auteur-compositeur-interprète innu originaire de Mashteuiatsh, Mike Paul Kuekuatsheu, surnommé « le Carcajou », puise son inspiration dans le territoire et la culture innue. Profondément enraciné dans le Nutshimit (Vers l’intérieur des terres), il propose une œuvre authentique mêlant traditions ancestrales et sonorités contemporaines.

Actif depuis plus de 30 ans, il est une figure importante de la scène musicale autochtone. Son plus récent album, Nutshimit (2025), considéré comme le plus abouti de sa carrière, met en valeur des arrangements riches combinant mandoline, guitares acoustiques, tambours traditionnels et touches rock. Les chants en innu-aimun y célèbrent la préservation de la culture innue et le lien harmonieux avec le vivant.

Au fil des ans, Mike Paul a reçu plusieurs distinctions, dont deux prix aux Indigenous Superstars Awards (2022) pour Ashuapmushuan. Il a aussi été nommé aux Indigenous Music Awards, aux Canadian Folk Music Awards et aux Native American Music Awards. Sa carrière l’a mené sur des scènes au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Son parcours comprend également des participations à diverses productions télévisuelles et musicales, ainsi qu’un engagement important dans la transmission culturelle. Gardien et passeur de savoirs, il partage les traditions apprises de ses parents et grands-parents à travers conférences, récits et spectacles.

Artiste indépendant, il compte quatre albums : Kassinu auenitshe ute assitsh (2008), Origine (2018), Ashuapmushuan (2021) et Nutshimit (2025). Sa démarche artistique célèbre le territoire, la culture ilnu et la richesse du vivant.


Diriez-vous que la culture peut avoir un impact sur le bien-être et la santé ? Si oui, lequel ?

La culture crée un sentiment d’appartenance en nous reliant à notre histoire, notre identité et notre territoire. Pour moi, en tant qu’Innu, elle est essentielle à la transmission des savoirs, de la langue et des traditions. Cette connexion à nos racines apporte équilibre, fierté et force intérieure.
La culture est un espace d’expression, de guérison et de mieux-être. Elle contribue à réduire l’isolement, à briser les barrières et à renforcer les liens sociaux. En favorisant le dialogue et la solidarité, les activités culturelles soutiennent autant la santé mentale que physique. La culture est donc un véritable facteur d’équilibre pour nos communautés.

Quel élément de la vie culturelle de votre région fait votre fierté ?

Je suis particulièrement fier de la langue innue, de nos savoirs liés au Nitassinan.
Je suis aussi fier de voir la jeunesse s’impliquer de plus en plus, que ce soit dans la musique, les arts, l’éducation ou les activités culturelles. Il y a une réappropriation importante qui se fait, avec créativité et fierté.
Ce qui traduit le plus ma fierté, c’est la force de notre culture vivante et la façon dont elle continue d’être transmise entre les aînés, les adultes et les jeunes, dans une même volonté de faire vivre notre culture innue à Mashteuiatsh.

Quel est votre premier souvenir des Journées de la culture ?

J’ai gardé de très bons souvenirs des Journées de la culture, notamment en 2024, lorsque j’ai participé à une activité organisée par Mosaïque sociale aux Jardins des Ursulines de Roberval. Une œuvre collective y était exposée dans l’espace public, et l’expérience était vraiment magnifique.
Ce moment m’a particulièrement marqué, car il montrait à quel point l’art peut rassembler les gens. Voir une création collective prendre place dans un lieu public, accessible à toutes et à tous, crée un sentiment de proximité et d’appartenance.

Quelle importance cet événement revêt-il selon vous ?

Les Journées de la culture permettent de mettre en lumière tout le travail souvent discret des artistes, des organismes et des personnes qui font vivre la culture au quotidien.
Des gens de différents milieux, de différentes générations et parfois de différentes cultures se retrouvent autour d’expériences communes.
Dans ma perspective innue, ce type d’événement est aussi une façon de faire vivre et reconnaître nos cultures sur le territoire, de les partager avec fierté et respect, et de continuer à tisser des liens solides entre les peuples.

Pourquoi avez-vous accepté d’endosser le rôle de porte-parole ? Qu’en attendez-vous ?

Je crois profondément qu’en tant qu’Autochtones, il est essentiel que nos cultures et nos arts soient valorisés et mis de l’avant.
La beauté de notre culture est une richesse. Nous devons prendre notre place et être visibles dans la région. Je suis là pour tisser des ponts, créer des alliances et favoriser le rapprochement.
Mamuitutau – rassemblons-nous, avec toutes les personnes de la région, afin de faire rayonner notre culture et de démontrer notre fierté sur Nitassinan / Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Si vous avez déjà agi comme porte-parole des Journées, qu’est-ce qui a été le plus impressionnant ou marquant dans ce rôle ?

Lorsque j’ai agi comme porte-parole des Journées de la culture, ce qui m’a le plus marqué, c’est la diversité, la qualité et la richesse des activités culturelles proposées en région.
J’ai été profondément impressionné par l’engagement des nombreuses personnes, artistes, organismes et institutions qui s’investissent corps et âmes, souvent dans l’ombre, pour faire rayonner la culture et la rendre accessible à toutes et à tous. On sent une véritable passion et un désir sincère de transmettre, de partager et de faire vivre notre identité culturelle sous toutes ses formes.


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